Yo Smooth,
Question difficile...
je vais essayer de m'y coller.
"And the winner is..."
1 - Le Parrain (1er opus)
Le parrain est le film qui correspond le plus de l'idée que je me fais d'un chef d'oeuvre absolu. C'est une tragédie familiale puissante sur fond de témoignage historico-sociologique des première vagues d'immigration du 20e siècle à New York, lorsque presque tout était encore à bâtir. La sobriété de la réalisation est aussi juste qu'efficace, la musique est inoubliable et le casting est littéralement fantastique. J'ai rarement vu un niveau de jeu aussi globalement élevé dans un film. Enfin, la photo de Gordon Willis est l'une des plus graphiques qu'il m'ait été donné de voir dans un film de facture "classique", visuellement parlant.
Coppola a accouché un chef d'oeuvre, qu'il égalera 4 années plus tard avec Le Parrain 2.
2 - Sueurs FroidesAlfred Hitchcock est pour moi le réalisateur le plus doué de toute l'histoire du cinéma. D'autres réalisateurs sont plus puissants que lui (je pense à Stanley Kubrick), mais Hitchcock avait ce talent rare de réaliser des films presque intemporels.
Regardez des films des années 50. A coté des chef d'oeuvre de cette époque ("tant qu'il y aura des hommes", "sur les quais", "le pont de la rivière kwaî", "le train sifflera trois fois", "Ben Hur"...), on trouve énormément de films datés. La réalisation apparaît statique, les dialogues et le jeu des acteurs semble figé.
Pas chez Alfred Hitchcock.
"Sueurs froides" (Vertigo) date de 1958 et est objectivement toujours très regardable en 2009. En ce qui me concerne, je trouve ce film fascinant. Il oscille entre l'intrigue policière et le quasi surnaturel. La musique de Bernard Herrmann scie les nerfs et James Stewart trouve l'un des tous meilleurs rôles de sa longue carrière. Enfin, c'est dans ce film que le fameux travelling compensé a été inventé (et copié des centaines de fois par la suite).
J'aurais aussi pu citer "North by Northwest" (La mort aux trousses) un film très excitant à regarder et sur lequel le temps semble n'avoir aucune prise. La séquence de l'attaque de l'avion dans le champ de maïs fait partie des scènes cultes de l'histoire du cinéma. A voir pour savoir ce qu'est un découpage et un timing parfaits.
J'aurais pu également citer "Psycho" (Psychose), chef d'eouvre tellement absolu que Gus Vant Sant a jugé bon d'en faire une décalcomanie (remake plan par plan) 30 ans après sa sortie...
3 - le film sans nomUn top 30 sans un Kubrick dans le top 5, ça me semble difficile. J'ai hésité à mettre le film sans nom à la place de Barry Lyndon qui est un film que j'adore. "le film sans nom" m'avait scotché lorsque je l'avais visionné pour la première fois, quand j'étais adolescent. C'est tout d'abord une leçon de réalisation de 2h15, au milieu d'un univers anachronique et baroque, sous l'influence d'une esthétique seventies très marquée. Le tout baigne littéralement dans la 9e symphonie de Beethoven qui sublime chaque scène qu'elle illustre.
Stanley Kubrick a dit un jour que la combinaison des images et de la musique est ce qu'il y a de plus fort au cinéma. Il le prouve à maintes reprises dans "le film sans nom". Malcolm Mc Dowell y trouve le rôle de sa vie (vous ne lui trouvez pas une petite ressemblance avec Vincent londez ?

) et Kubrick l'un de ses 3 meilleurs films. Certaines scènes, comme celle du "Singin' in the rain" ou de combat avec le phallus géant sont purement anthologiques...
La réflexion autour du thème du libre arbitre est également passionante.
Un film très controversé à sa sortie, en 1971.
4 - Voyage au bout de l'enferLe chef d'oeuvre absolu de Michael Cimino est le film sur le Viet-Nam qui m'a le plus retourné la tête, devant
Platoon,
Une balle dans la tête et
Apocalypse Now, que j'ai découverts beaucoup plus tard.
Le tour de force de Cimino, c'est de réussir un film marquant sur le Viet-Nam, en s'intéressant davantage aux traumatismes que la guerre engendre chez les personnages, qu'à la guerre elle-même. John Woo a eu une approche similaire sur "Une balle dans la tête", mais de manière moins... magistrale.
J'aime le découpage du film en 2 parties distinctes, "l'avant" et le "pendant". Le "pendant" n'en devient que plus fort. C'est ce film qui m'a rendu accro au magnétisme phénoménal, un rien morbide mais paradoxalement flamboyant, de Christopher Walken. Les scènes de roulette russe sont d'une puissance inouïe, j'ai pris une claque énorme. Meryl Streep est extraordinaire, comme très souvent.
Un grand film, récompensé par une pluie d'oscars (meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur dans un 2nd rôle (C.Walken), meilleur montage, meilleur son).
5 - Bienvenue à GattacaTrès difficle de placer un film après les 4 monuments qui occupent le haut du classement. J'ai hésité entre la sobriété émouvante de
Million Dollar Baby, le caractère fascinant et inclassable de
Mulholland Drive, La magie Kauffmanno-Gondryenne d'
Eternal Sunshine of The Spotless Mind, ou le tour de magie de Sofia Coppola, et son
Lost in Translation en état d'apesanteur.
J'ai finalement opté pour un film que j'ai revu récemment en DVD, et qui m'a beaucoup touché. Indépendamment du foisonnement thématique du film (eugénisme, déterminisme génétique, sélection discriminatoire, rivalité fraternelle, perte d'identité, quête de la perfection institutionnalisée, etc...), ce qu'accomplit Vincent (Ethan Hawke) par la seule force de la foi en son rêve a quelque chose de très émouvant. La musique absolument magnifique de Michael Nyman sublime les plus belles scènes d'un très beau film.
Gattaca fait partie de ces films que de nombreux cinéphiles considèrent comme mineurs mais qui moi, me touchent profondément.
Pour la suite, je vais faire plus court, sinon je suis encore là ce soir...
Alors, dans le désordre...
Il faut impérativement un film de david Lynch, ce sera "
Mullholand Drive". En un seul mot : fascinant.
Il faut aussi impérativement un film de Sergio Leone. J'ai toujours préféré "
Le bon, La brute et le truand" à "il était une fois dans l'Ouest", mais si j'adore ce dernier.
Il faut un film de Marty Scorcese ! J'ai envie de citer "
Raging Bull". Grande réalisation, immense interprétation.
Ensuite, je ne serai pas très original en citant le premier opus de la trilogie "
Matrix". A l'époque de sa sortie, j'étais au service militaire. je suis allé le voir au pif, sans savoir de quoi ça parlait. J'ai pris l'une des plus grosses baffes esthético-visuelles de ma vie. J'ai dû voir ce film 8 ou 9 fois en tout, et je prends mon pied à chaque fois.
Il faut aussi un film de James Gray, l'un de mes idéaux de réalisateurs. J'adore le ton et la justesse de ses films. Il n'en fait ni trop ni trop peu, et ça claque à chaque fois. J'ai adoré "
La nuit nous appartient", chef d'oeuvre de polar tragique néo-classique.
Il faut aussi un film de Jacques Audiard, un autre des mes idéaux de réalisateur. Je choisis "
Un Prophète".
Ajoutons un film des frères Coen. J'ai adoré "
Fargo", peut-être davantage que "No country for old men"
Mais, mais... tout ça manque cruellement de films de zombies ! Je suis emmerdé, parce que j'idolâtre "
L'armée des morts", mais S'il ne faut citer qu'un Zack Snyder, je hurle "This is Spartaaaaaaaaa" sans hésiter.
Citons "
300" au passage donc.
J'ai aussi beaucoup, beaucoup aimé "
28 jours plus tard". Mais "
Trainspotting" aussi, du même réalisateur.
C'est cruel de choisir...
Parce que j'aime malgré tout Guy Ritchie, je dois citer "
Snatch", moins virtuose mais aussi moins prétentieux que "Revolver".
De Clint Eastwood, j'ai préféré sans commune mesure "
Million Dollar Baby" à "Gran Torino".
J'adore Dustin Hoffman, je cite "
Marathon Man" de John Schlesinger.
Il me faut aussi un Darren Aronofsky, disons "
Requiem for a dream". Un bel uppercut dans la gueule.
Et un Michael Mann, un ! Ce sera "
Heat" !
Ahem... je crois que j'ai oublié David Fincher... Très difficile de ne choisir qu'un Fincher. "Fight Club" me fascine, "Benjamin Button" m'émeut. Mais "
Seven" me scotche. Ce sera Seven, d'un cheveu...
Non, nous n'oublierons pas "
Les Fils de l'homme" !
"
La cité de dieu" m'a vraiment scotché, même si "The Constant Gardener" est juste fabuleux...
Zut, j'ai zappé Spielberg... J'hésite tellement entre "
il faut sauver le soldat Ryan" et "
Minority Report" que j'ai choisi de ne pas choisir. Je mets les deux
Puis, en vrac : "
Old Boy",
21 grammes",
Festen,
La Mouche,
Terminator 1 & 2 (impossible de les départager !!)
Et un petit film catastrophe pour finir : "Cloverfield". Une ENORME claque au cincohe...
ça doit faire une trentaine de films ça, non ?